

L’origine des Huicholes est incertaine, bien que des hypothèses aient été élaborées, basées sur des éléments linguistiques, mythologiques et archéologiques.
Il est probable que les Huicholes descendent de différents groupes qui furent chassés dans la Sierra Madre Occidental.
Il est probable que quelques uns de ces groupes soient des tribus qui appartenaient à la famille uto-azteca et qui ont fui le pouvoir d’un empereur mésoaméricain, dans la Sierra, où ils ont alors rencontré d’autres groupes déjà établis sur ce territoire.
Il est possible que dans les ascendants des Huichols il y ait quelques tribus teochichimecas (indiens du Nord).
Il est aussi possible que des groupes des terres basses de la côte se soient mélangés avec les ancêtres Huichols à différentes époques. Apparemment, les ancêtres des Huichols ont maintenu une vie indépendante des grands empires.
Au moment de la Conquête, beaucoup de survivants des troupes espagnoles qui envahirent la zone, ont fui dans la Sierra. Cette dernière, par son accès difficile, ne fut pas conquise. Ses alentours se sont peuplés durant la dernière décennie du XVI ème siècle et au début du XVII ème siècle.
Les villages de Colotlán, Mezquitic, Huajimic, Huejuquilla et Tenzompa ont été fondés par les espagnols comme frontières pour délimiter le territoire conquis.
La période de l’Indépendance a été la scène de nombreuses récupérations des terres suite aux lois de desamortización.
En 1887, le gouvernement de Porfirio Diaz a tenté à nouveau de délimiter les terres, ce qui a provoqué des affrontements entre les communautés elles-mêmes.
La Révolution apporta une période de violence dans la Sierra, qui a vu les avancées de différents groupes armés. Bien que les Huicholes ne se soient alliés à aucune bande en particulier, la situation est devenue chaotique.
La guerre cristera marque une autre période de violence dans la zone.
Actuellement les Huicholes continuent de défendre leurs terres des abus et invasions des métisses (de sang indien mêlé a du sang espagnol, soit la majorité des mexicains) ou d’autres indigènes de la Sierra qui exercent une constante pression pour profiter des ressources de leur terre.
Les principales dates de l'histoire du Panama
21 novembre 1821
Le Panama obtient son indépendance en faisant partie de la Grande Colombie.
1831
Lors de l'éclatement de la guerre civile néo-grenadine, le Panama se sépare pendant plus d'un an de la Nouvelle Grenade, avec l'intention de former une Confédération Colombienne, en maintenant son autonomie.
1855
L'état de Panama est créé, fédéré à la Nouvelle Grenade (Colombie actuelle).
1846
Le traité Mallarino-Bidlack signé entre Washington et Bogota autorise les Etats-Unis à construire une voie de chemin de fer.
3 novembre 1903
Le Panama avec le soutien des Etats-Unis déclare son indépendance et est reconnue en tant que République indépendante (sauf la Colombie qui ne la reconnaît qu'en 1921.
1903
La construction du canal commence et la zone du canal de Panama devient un protectorat américain.
1914
La canal est terminé et il est considéré à cette époque comme la " huitième merveille du monde ".
1968
Un coup d'état militaire mène le Général Omar Torrijos Herrera au pouvoir et il y restera jusqu'à sa mort en 1981.
1983
Nouvelle modification de la constitution, après celles de 1904, 1941, 1946, 1972.
Entre 1984 et 1989
Le pays est dirigé par les forces armées dirigées par le Général Manuel Noriega.
1989
Intervention des Américains au Panama.
1991 et 1992
Plusieurs tentatives de coup d'état échouent.
1992
Noriega est extradé et jugé aux Etats-Unis. Il sera condamné à 40 ans de prison.
1999
Les américains se retirent de la zone du canal (selon l'accord négocié entre les panaméens et l'administration de Jimmy Carter en 1980).
Les Shipibo-Conibo
Les Shipibo-Konibo forment un peuple d'environ 35 000 personnes établies au sein de 120 communautés, le long du fleuve Ucayali et de ses affluents en Amazonie péruvienne.
LE GRAPHISME DÉCORATIF DU PEUPLE SHIPIBO-CONIBO
La pensée shipibo est métaphorique, elle procède par analogie et établit un lien étroit entre toutes choses. Les dessins qui
ornent les poteries et les divers objets de leur artisanat, des broderies de leurs vêtements traditionnels à leur maquillage lors des fêtes et cérémonies, relèvent d'une représentation de
maillages, de réseaux, de labyrinthes propre à leur culture. Le graphisme de l'artisanat correspond aux dessins dont est ornée la peau de l'anaconda. Pour les Shipibo, l'anaconda est à l'origine
de la création et représente l'esprit de l'eau.
Dans le chamanisme de la région de l'Ucayali, on désigne les dessins des broderies et des décorations par le nom de "Ronin" qui signifie l'anaconda. On peut penser que ce symbole correspond à
l'origine du vivant. Ces dessins sont très spécifiques de ce peuple de la forêt amazonienne. Transmis par imitation, de génération en génération, on pourrait penser à un langage permettant aux
Shipibo de communiquer entre eux ou de se reconnaître comme appartenant à la même ethnie. Lorsque l'on regarde avec attention ces dessins très typés, lesquels sont à chaque fois différents,
variés à l'infini par leurs auteurs, on est frappé par l'aspect vibratoire de l'ensemble de chaque representation. Ceci est rendu particulièrement sensible au niveau des broderies et des tissus
peints qui nous font découvrir de véritables tableaux abstraits,sauf si l'artisan, et j 'aurais plutôt tendance à dire l'artiste, inclut la représentation d'un animal ou des formes géométriques
précises. A l'origine, les dessins étaient tracésà angle droit, alors qu'actuellement on utilise aussi les courbes. Ces variations qu'apporte chaque personne dans la réalisation de l'ensemble de
chaque décor des broderies ou des peintures reflètent bien évidemment le monde intérieur de l'artiste à travers son vécu au moment du tracé. On peut aussi penser que l'aspect vibratoire du
résultat final est une résurgence du monde, ô combien mouvant et vibrant, auquel accèdent les Shipibo dans leurs visions lors de la prise de la plante psychotrope Ayahuasca, pratique pour eux
assez courante, séculaire et donc inscrite dans leur mémoire cellulaire. Il est intéressant de préciser que ces dessins se font à main levée et que l'on ne suit pas un modèle préétabli, comme
dans l'art de la tapisserie où l'on copie un carton, ou bien la broderie européenne où des dessins et des points sont souvent reproduits et donnent des résultats d'une grande perfection. A
travers une certaine imperfection dans la réalisation des "œuvres" de ce peuple on peut en déduire une indifférence envers la perfection et une insoumission à un modèle imposé, qui rendent ces
ornements frémissants de vie.
On pourrait comparer cette façon d'aborder leur art à celle des jazzmen ou de tout musicien qui improvise, qui se soucie plus de ce qu'il vit dans l'action, "du faire", plutôt que dans la
recherche de perfection de l'interprétation d'une œuvre écrite, pensée par un compositeur. Ce peuple de chasseurs - pêcheurs a toujours vécu au jour le jour, préoccupé par le souci de trouver sa
nourriture journalière, vivant dans l'instant présent, ne se projetant guère dans l'avenir. Sans doute que vivre dans le présent, confronté aux nécessités prioritaires de survie, aiguise
l'attention à l'environnement mais aussi incite davantage à "être", plutôt qu'à se projeter dans des désirs futurs. Leur tradition est orale, que ce soit leurs chants, leurs danses, leur
artisanat, leurs mythes ainsi que leur connaissance très étendue des plantes médicinales, acquise au cours de siècles d'expérience et de recherche, et c'est bien là ce qui fonde leur
identité.
Ce sont les femmes qui exécutent les travaux d'artisanat (broderies, poteries, bijoux, décorations…) et de jardinage, alors que la peinture et la sculpture sont plus le fait des hommes. Dans les
sociétés communautaires primitives, les femmes avaient donc un rôle de transmission du savoir et de la création, un rôle de gardiennes de la création et des créatures, tandis que les hommes
avaient un rôle d'action (chasse, pêche, guerre…).Cette répartition des rôles donnait une société équilibrée. L'art de la poterie est le fait des "anciennes". A l'origine, les grandes poteries
anthropomorphiques étaient des urnes funéraires. Cette situation perdure dans les communautés où les femmes gardent la coutume des travaux d'art. Mais, tout en n'étant pas considérée comme
subalterne, cette place dans la société les met en porte-à-faux avec la réalité présente, dans laquelle la nécessité fait loi, et où ,bien sûr, se livrer à un travail artistique non rentable
équivaut à développer une sorte de paresse, un sentiment d'inutilité. Ceci crée nombre de malentendus entre les communautés shipibo et les métis qui, en tant que réfugiés la plupart du temps,
sont dans un processus d'acculturation largement entamé.
Hélas, le rouleau compresseur de la mondialisation risque bien de détruire tout cet acquis artistique et culturel. Certaines
congrégations religieuses aident matériellement ces peuples de la forêt mais, par contre, elles dénigrent et diabolisent leur culture ancestrale sans aucun respect pour ce qui les rend fiers
d'être ce qu'ils sont, alors que leur propres valeurs sont souvent proches de celles développées dans les religions. Elles développent ainsi chez eux des sentiments de honte, de culpabilité à
s'exprimer par leur propre culture et leur font perdre leur identité et leur joie de vivre.
Le soir, des groupes de musiciens et chanteurs convertis se réunissent dans les églises de la communauté et, souvent, accompagnés par des guitares et des contrebasses électriques, chantent des
cantiques et parfois des mélodies du répertoire traditionnel shipibo dont on a remplacé les textes originaux par des textes à fond religieux. En somme, une sorte de rock divin remplace la musique
des fêtes traditionnelles et des rites initiatiques!!!
Les chants traditionnels sont souvent très poétiques avec des métaphores, de l'humour et ils expriment toute la gamme des émotions du vécu des indiens de la forêt à travers un répertoire très
riche. Berceuses, chansons d'accueil, de fête, chants de guérison, d'amour, de travail, de louange à la nature ou à la joie de vivre. Très souvent les textes, en rapport avec le contexte
(accueil, fêtes, berceuses, etc…) sont improvisés et expriment l'imaginaire de chacun.
Le drame est que toute tradition orale qui n'a pas été préservée de disparition par l'écrit est appelée à disparaître définitivement, or si cette tradition est celle des Shipibo , elle fait aussi
partie de notre patrimoine mondial. En cela il est urgent de prendre en compte la préservation et la valorisation de ces richesses culturelles.
Par ailleurs , la culture traditionnelle du peuple Shipibo-Conibo sert de fondement à la culture moderne de l'Amazonie. Dans La Grande Encyclopédie de l'Ucayali est émit l'hypothèse que le
système culturel complexe des indiens d'Amazonie serait essentiellement chamanique et que la clef de voûte de ce système serait l'Ayahuasca, la plante mère de toutes les plantes médicinales de la
Selva.
Dès l'aube du peuplement amazonien les cultures et civilisations anciennes font interagir le monde matériel avec le monde spirituel avec comme intermédiaire et comme stimulant l'Ayahuasca.
Ainsi naquirent rituellement les mythes des origines, les chants et les danses, la pensée et la connaissance indigène sur la nature à travers la perception du génie des plantes sacrées, entre
autres l'ayahuasca, la chacruna, le chuchuhuasi et bien d'autres plantes médicinales et psychotropes. Dans cette matrice se développent toutes les possibilités d'un art et d'une culture
amazonienne. Pour les artistes et les créateurs actuels de Pucallpa ou de la région de l'Ucayali, le point de départ est cette matrice Shipibo-conibo, sans exclure d'autres sources indigènes.
Mais cette source d'inspiration n'est qu'un point de départ, seulement un référent culturel et artistique et, en aucune manière un modèle à imiter. On peut imaginer, pour un peintre, la
stimulation provoquée par l'investigation, la connaissance, la révélation de toute la technique ancestrale des arts de la poterie et des tissus brodés ou peints des Shipibo- Conibo. Les femmes
indiennes ont une inspiration de source magique , selon l'explication du chaman Guillermo Arevalo : "Les Shipibo-Conibo non seulement apportent à la création de la culture amazonienne moderne
leur extraordinaire connaissance et compréhension de l'écosystème fluvial mais encore la représentation
de cet univers dans sa dimension symbolique… " En accord avec cette version la légende dit qu'un couple qui fonda la race Piro vint de la région de l'Urubamba et apprit aux femmes shipibo à
tisser et à broder. Il existe une connaissance ancestrale, qui se pratique toujours, qui est celle de l'utilisation d'une des 60 variétés de piripiri, une autre plante médicinale. Selon la
tradition, les mères mettent une goutte de piripiri dans les yeux de leur fille dès la naissance. Le piripiri ayant un esprit mère, en tant que plante maîtresse, donnent aux petites filles
des songes d'oiseaux, d'anacondas, de fleurs et d'étoiles avec tout le bestiaire symbolique et les tracés linéaires qui apparaissent ensuite sur les céramiques et les tissus. Ce graphisme est un
des traits distinctifs des shipibo". D'autres caractères distinctifs sont à noter tels que : l'ignorance de l'usage du hamac, le port par les hommes de grandes tuniques de coton décorées et la
déformation crânienne par aplatissement du front dès la naissance ".
Les chants
L'ethnomusicologue Bernd Brabec de Mori nous donne ces précisions: Au niveau de la forme des chants de ce peuple on peut
en distinguer trois catégories:
1/ Masha (chant dansé en groupe circulairement). L'ultime phrases de la strophe se répète obstinément, parfois en accélérant à la fin.
2/ Shiro bewa (chant solo ou en groupe). Chant de "bonne vie", en buvant le masato, sur l'amour, sur des drôleries. Une forme spéciale est "kopiananti": deux personnes (ou deux groupes) se
répondent l'une à l'autre, parfois en improvisant, parfois en s'insultant par des plaisanteries.
3/ Bewa (chant seul). Bewa a plutôt le caractère de la romance, chanté en solo. Certains chanteurs ont la capacité d’improviser en rimes sur les circonstances ou les lieux qui les inspirent : par
exemple : « un couple m’a amené pour célébrer la douceur », « écoutez bien mon chant pour vous souvenir quand je ne serai plus là »… Les "Icaros" sont des chants de guérison appris à travers les
visions, les rêves ou par transmission orale et font partie de cette catégorie.
Vous écoutez en consultant ce programme
San Cristobal de las casas