Partager l'article ! Aux amateurs d'ArtS : La Friche de Lyon en danger de fermeture !: La friche RVI est une usine désaffectée qui fut occupée par des entreprises ...
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associatives, culturelles et commerciales ;
des annonces ; un peu d’histoire ; des informations pratiques et des billets d’humeur.
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La friche RVI est une usine désaffectée qui fut occupée par des entreprises comme Berliet, puis
Renault Véhicule Industriel. Ce symbole ouvrier qui traversa tout le XXe siècle est désormais classé patrimoine industriel.
Depuis 2002, des artistes, des riverains, des militants, ont investi cet espace pour vivre une nouvelle expérience collective, la ville de Lyon souhaitant développer de Nouveaux Territoires de
l’Art ayant jugée utile de tenter l’expérience en proposant une convention d’occupation des lieux.
Aujourd’hui, 2010, l’association CFA-RVI (Collectifs Friche Autogérée) regroupe
plus de 100 ateliers, voit plus de 400 personnes passer dans le lieu chaque année pour y travailler, y poser des réflexions, des échanges socio-culturels et artistiques…
Et maintenant, AN 2010, le Grand Lyon veut raser le lieu, sans pour autant être dans une dialogue
satisfaisant concernant le relogement de toute la population fricharde et les 8 années de cette réappropriation de la ville…
Alors, maintenant, oui, maintenant, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
La Friche
RVI est un lieu de création, d’expérimentation et de vie qui s’est développé depuis octobre 2002 et qui accueille chaque année plus de mille artistes professionnels,
essentiellement, mais aussi amateurs.
Entre 150 et 400 artistes y travaillent régulièrement. C’est un lieu de production essentiel, mais aussi d’émergence qui accueille aussi des associations, des équipes de salariés…
Ce lieu est à la fois un lieu indispensable à la création artistique et culturelle en Rhône-Alpes et au développement d’une culture citoyenne, alternative, transdisciplinaire, porteuses de
développements pour l’avenir, ainsi qu’un lieu d’élaboration d’un vivre ensemble responsable et partagé.
La procédure de relocalisation entamée avec la Mairie de Lyon et le Grand Lyon est restée en panne pendant plus de 6 mois et l’annonce brutale d’une échéance à « libérer » les lieux pour le 31
juillet (qui ne respecte pas les délais de la convention) est inacceptable est irréalisable. De plus la seule solution concrète « proposée » aujourd’hui est 10 fois inférieure à l’espace
qu’occupe la friche RVI à l’heure actuelle (35 000 m² contre 3 500 m² proposés, sans certitude de date de mise à disposition).
Aucune solution n’est envisagée entre juillet et cette date qui reste dans le flou, sans aucune solution, non plus, pour les équipes de salariés ou le stockage des oeuvres, des outils, des
matériaux, la continuité des activités en cours (plusieurs compagnies, artistes, collectifs ont des contrats à honorer) etc. etc.
Au delà d’un débat sur les chiffres, d’un réel poids économique, artistique, humain, pour l’instant sous-évalué de la friche RVI, c’est la démarche de concertation,
d’élaboration, d’échanges responsables et impliqués que veut bâcler la Mairie.
ON FAIT LA FÊTE DE LA MUSIQUE POUR MILITER
Voici le parcours de notre impromptue promenade festive mais néanmoins revendicative ce soir :
Présentation de La Friche par Mano Solo
La scène ne manque pas de piquant. Agglutinés devant la mairie du 3e arrondissement de Lyon où va se tenir une conférence de presse scellant leur sort, plusieurs dizaines d’artistes de la friche RVI commentent la nouvelle. La veille au soir, la mairie de Lyon leur a annoncé qu’ils doivent quitter la friche fin juillet pour être relogés, en septembre seulement, dans un espace 5 à 10 fois moindre (comme dans toute bonne manifestation, la bataille des chiffres fait rage). « Cela manque de sérieux ! Ils ont été incapables de traiter le dossier de notre relocalisation. Depuis 8 mois, on est sans contact avec la Ville et ils nous annoncent hier un lieu trop petit et inadapté. A croire que ce sont de vrais amateurs… », lance la bande bigarrée d’artistes et de squatteurs, pour certains très jeunes, look baba cool, le visage peint ou les cheveux en dread locks.
Les « amateurs » en question portent costume-cravate et attendent avec une certaine nervosité les journalistes dans une salle de la mairie du 3e pour expliquer la solution décidée et le calendrier imposé. Rappelant la « règle du jeu initiale » : « la convention d’occupation par les artistes était valable tant qu’il n’y avait pas de projet pour le lieu », l’adjoint à l’urbanisme Gilles Buna explique que les occupants doivent désormais laisser la place à « un projet urbain d’intérêt général ».
Ce projet comprend « un campus de l’alternance et des métiers » formé autour de la SEPR, Société d’enseignement professionnel du Rhône, un jardin public, des logements étudiants, un stade et une bibliothèque. La SEPR devant ouvrir ses portes sur le site des anciennes usines RVI à l’horizon 2012, le calendrier est désormais serré. Pour que les travaux commencent début 2011, les sondages et études préalables doivent être effectués cet été, les artistes doivent donc libérer les lieux au 31 juillet.
Le maire de Lyon s’étant engagé avant sa réélection à reloger les artistes, « on a beaucoup travaillé ces 18 derniers mois pour trouver un espace aux artistes » enchaîne l’adjoint à la Culture Georges Képénékian qui assure que la Ville a « une vision positive de ce qui s’est fait à la friche RVI » et souhaite « prolonger ce travail ». Mais comment reloger 120 artistes occupant 18 000 m2 (estimations Ville de Lyon) voire plus de 400 artistes permanents déployés sur plus de 25 000 m2 (chiffres Friche RVI) ?
« C’est sûr, on ne peut pas trouver de lieu unique aussi vaste » concède l’adjoint à la Culture, manifestement embarrassé. Il annonce donc que le lieu choisi pour le relogement, les 3500 m2 du bâtiment Lamartine, « ne résume pas toute la proposition que nous formulons aujourd’hui ». C’est pourtant la seule partie de la proposition clairement formulée ce jour-là. Pour le reste, l’adjoint assure « poursuivre la recherche de nouveaux lieux complémentaires de cet espace » et évoque Tarare ou la vallée du Giers, où les élus souhaiteraient accueillir des artistes. Mais rien de tangible pour une solution censée intervenir… fin juillet ! Alors pour pallier ce problème de superficies, l’adjoint estime qu’« il faut sans doute réorganiser la vie des artistes différemment » : densifier, mutualiser, et vraisemblablement – même s’il n’a pas prononcé le mot - sélectionner.
Mais le maire du 3e arrondissement ne prend pas les précautions oratoires de son collègue : « qu’on garde les artistes qui produisent et ont un projet, qu’on se débarrasse du reste ! » Thierry Philip ne cache pas, en effet, son irritation face aux « gens qui ne respectent pas les règles, pissent sur le trottoir et empêchent les riverains de dormir ». Pour lui, il est donc clair que seuls les occupants qui ont présenté un projet (19 projets impliquant la majorité des artistes de la friche ont été déposés il y a près de deux ans à la Ville) sont concernés par le relogement, et devront signer une convention engageant clairement leur responsabilité sur le bâtiment Lamartine, sis sur son arrondissement. Et pas question d’en accueillir d’autres en cours de route, comme c’est souvent le cas à la friche RVI, règne de l’autogestion un peu bordélique.
Pour les occupants de la friche RVI, l’imposition de règles et de cadres dans un lieu clairement « trop petit » ou, à terme, éclaté sur plusieurs sites, est « inadaptée au projet friche RVI ». « La mairie n’a pas pris la mesure de ce projet-là, c’est beaucoup plus que des ateliers d’artistes ! C’est un lieu de création libre et alternatif, un multi croisement de points de vue sur l’art et la vie, un laboratoire de la société civile… » estiment-ils, invitant le public à visiter la friche tous les mercredis à 14h. De plus, la proposition de la Ville présente un écueil pratique majeur : que faire entre le 31 juillet et le mois de septembre de tout ce matériel entreposé à la friche RVI, décors, costumes, matériels d’enregistrement, etc. A un moment où de nombreux artistes, notamment du spectacle vivant, sont en pleine saison de festivals ? « On va trouver des aménagements… » promet l’adjoint à la Culture, pour le moins évasif. « On est dans une forme d’impasse » constatent les occupants de la friche RVI qui n’excluent pas que « ça tourne au squat… » Un retour à la case départ ?
Anne-Caroline Jambaud
Comment reloger 120 personnes (selon
la Mairie, 400 selon les résidents) reparties sur 34 000 m2 (selon les résidents, 18 000 selon la Mairie) dans un nouvel espace de 3 500m2 ? C’est le pari un peu fou tenté par la Ville
de Lyon pour déplacer les artistes qui occupent, depuis 2002, la Friche RVI, perdue au fin fond de l’avenue Lacassagne.
On en parle depuis deux ans, mais aujourd’hui, le calendrier s’affine. Au 31 juillet 2010, les artistes, activistes politiques et squatteurs en tout genre devront quitter la Friche RVI prêtée temporairement par la Ville en 2002 à quelques collectifs rapidement dépassés par l’afflux de nouveaux résidents. Pour expliquer cet empressement, les élus mettent en avant un ensemble de problématiques : la vétusté du site, l’amiante, les risques d’accidents, le voisinage mécontent… Mais ce qui accélère véritablement cette relocalisation, c’est sans nul doute la mise en place d’un campus de l’alternance et des métiers qui devrait ouvrir ses portes en septembre 2012 avec une extension pour la SEPR (Société d'Enseignement Professionnel du Rhône), la création d’une bibliothèque, d’un gymnase, d’un espace vert, de logements étudiants… Mais voilà, le Maire de Lyon, Gérard Collomb, avait promis de trouver un nouveau lieu de résidence aux « frichards » avant expulsion.
Crise du logement
Pour Georges Képénékian, adjoint à la culture, les porteurs d’un projet artistique identifié seront installés dans un nouveau lieu, le bâtiment Lamartine, une ancienne usine mise aux normes, à côté du stade Marc-Vivien Foé toujours dans le 3e arrondissement. Une solution encore une fois provisoire, puisque le site devrait, à terme, céder sa place à une extension du terrain de foot.
« On nous offre des miettes par rapport à ce qu’est la Friche , tempête Idriss, un des nombreux musiciens qui répète au cœur de l’ancienne usine. Ça fait deux ans qu’ils sont sur le projet et on nous propose, au denier moment, 3500 m2 pour loger 400 artistes. C’est du foutage de gueule ! ».
L’adjoint au maire, conscient de ce problème d’espace, ne peut proposer une solution unique pour héberger les artistes et leurs ateliers. Pour lui, il sera indispensable pour les collectifs présents à l’intérieur du nouveau bâtiment, de mutualiser l’espace et les moyens. Lamartine deviendrait essentiellement un lieu de création. D’autres palliatifs sont envisagés pour accueillir les artistes qui eux utilisaient l’ancienne usine comme un site de stockage. Des discussions avec le maire de Tarare seraient par exemple engagées pour accueillir une ou plusieurs compagnies. Georges Képénékian rappelle également que bon nombre d’artistes n’ont pas d’accès à cette gratuité et paient une location pour leur travail : « La vie culturelle et émergente à Lyon ne se résume pas à RVI. C’est une belle aventure dont nous poursuivons l’essentiel, les fondamentaux, dans un nouveau bâtiment ». Mais les « frichards », gardiens de cette « aventure », ne limitent pas seulement l’usine à ses murs. « C’est dans cette friche, au contact d’autres artistes d’autres disciplines, que l’on trouve notre inspiration , revendique le chanteur togolais Peter Solo. C’est une question spirituelle. On veut un lieu qui porte une âme ».
« Qu’on garde les artistes qui produisent et qu’on se débarrasse du reste ! »
Pour définir qui aura accès au bâtiment Lamartine parmi ce foisonnement d’individus, les élus s’appuient sur 19 projets proposés il y a un peu moins de deux ans par des collectifs de la Friche. Les nouveaux entrants seront donc contrôlés et devront être identifiés en signant une convention. Un bien pour Thierry Philip, maire du 3e arrondissement, soucieux des problèmes de voisinages engendrés par les résidents. « Qu’on garde les artistes qui produisent et qu’on se débarrasse du reste », déclare-t-il, agacé. Un agacement qui devrait s’amplifier dans les semaines à venir, les « frichards » ne semblant pas vraiment se contenter des solutions proposées. Le premier impératif demeurant de trouver un toit entre la fermeture de l'ancienne usine RVI le 31 juillet 2010 et l’ouverture, un mois plus tard, du bâtiment Lamartine.
Mickaël Draï
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