Avec le recul, ça le fait rigoler. «Trois personnes sont entrées dans le restaurant, peu avant 10 heures, mardi. Elles ont commandé des cafés. Je leur ai dit : "Installez-vous. Vous êtes chez vous." Ils m’ont répondu : "C’est sympa. Nous avons une grève qui va commencer"», raconte Bruno Druilhe, le patron des restaurants Chez Papa (trois établissements à Paris). Quelques minutes plus tard, les syndicalistes sont rejoints par les sans-papiers qui travaillent dans ses établissements et leur comité de soutien.
Depuis, ce patron bon vivant, au fort accent aveyronnais, est excédé. Moins par la vingtaine de sans-papiers qui occupent son restaurant du Xe arrondissement que par la situation administrative qui les a amenés là.
Ils viennent du Mali, de Mauritanie, du Sénégal, de Côte-d’Ivoire ou de Tunisie. Certains travaillent dans ces bistrots spécialisés dans la cuisine du Sud-Ouest depuis neuf ans. L’employeur assure qu’il n’a rien à se reprocher. «Lorsque je les ai embauchés, ils m’ont tous donné des photocopies de pièces d’identité. Les numéros ont été acceptés par l’Urssaf.» Des cartes d’identité faciles à se procurer glisse un sans-papiers : «Entre 150 et 200 euros.»
Bruno Druilhe a découvert le pot aux roses en juillet. Comme l’y obligeait un décret du 1er juillet 2007, il a dû vérifier l’authenticité des papiers de ses salariés. «La préfecture m’a répondu qu’ils étaient faux.» Ce qui, selon le patron, ne les a pas empêchés de payer des impôts, un loyer, des assurances… D’ailleurs, c’est l’ANPE ou des cabinets de recrutements qui lui ont recommandé ces employés.
Il tend une offre d’emploi : «Je propose 1426,36 euros brut, en CDI pour 35 heures.» Sur une soixantaine de réponses, «52 ou 53 venaient d’Afrique.» Voilà le nœud du problème pour le patron : «On manque de main-d’œuvre.» Personne ne veut faire ce travail difficile pour un tel salaire. Les cuisiniers diplômés demandent le double. Bruno Druilhe martèle qu’il a toujours respecté la convention collective. «J’attendais que leurs démarches de régularisation aboutissent. Ils avaient le droit de travailler avec leurs documents provisoires.» Hors de question pour lui de licencier ses employés (seize rien qu’à Paris), ils lui sont trop précieux. «Pour réussir un bon axoa [plat basque à base de veau, de d’oignons et de poivrons, ndlr], il faut une certaine sensibilité. Ça m’a pris beaucoup de temps pour les encadrer et les former.»
Issaga, l’un des grévistes, confie que c’est justement pour ce savoir-faire qu’il travaille Chez Papa. Il est venu en France pour «acquérir des notions en cuisine française. Les bons cuisiniers sénégalais ont tous fait ça». Du coup, Bruno Druilhe s’est rangé du côté de ses salariés : «Ce n’est pas pour dégager mon restaurant. Je veux qu’ils soient régularisés parce que je trouve ça stupide de ne pas donner de papiers à des gens qui ont un emploi, un contrat, et travaillent là depuis des années.» Son syndicat (le Synhorcat) s’occuperait de l’affaire avec la préfecture.
En attendant, les patrons de la restauration se font discrets, «de peur qu’il ne leur arrive la même chose», estime le patron de Chez Papa. Mais d’autres dirigeants d’établissements l’ont tout de même appelé. Bruno Druilhe assure : «J’ai reçu une cinquantaine de coups de fils de soutien.»
GAËL COGNÉ - Libération
Suite à l’occupation d’un restaurant et certaines déclarations que l’on a pu lire. Papa ne peut laisser passer des contre-vérités propagées par des gens extérieurs à l’entreprise et n’ayant pas tous les éléments du dossier.
Chez Papa, les salariés qu’ils soient munis de papiers avérés faux ou vrais, en situation régulière ou non, sont tous dûment déclarés et payés selon les mêmes dispositions légales et conventionnelles.
- Depuis juillet 2007 la loi oblige les employeurs à vérifier auprès de la Préfecture l’authenticité des papiers d’identité fournis par les salariés étrangers.
Voilà aujourd’hui d’où vient l’effervescence des Vrais Faux Papiers
- Suite au contrôle d’identité effectué en Préfecture, Papa a donc été contraint de suspendre, voire de licencier ces salariés travaillant depuis plus de deux ans dans la société,
Car l’emploi d’une personne sans papier est sanctionné pénalement.
Mais Papa continue à soutenir et accompagner ses salariés dans leur démarche de régularisation à la Préfecture de police.
Communiqué de presse de Rémi Féraud, Maire du 10e arrondissement, et de Tony Dreyfus, député de la 5e circonscription, au sujet de la grève des salariés sans-papiers.
Depuis le début de cette semaine, plusieurs centaines de salariés sans-papiers se sont mis en grève pour demander leur régularisation. Nous
sommes allés aujourd’hui manifester notre solidarité aux employés du restaurant « Chez Papa » qui participent au mouvement dans le 10ème arrondissement.
C’est avec courage qu’ils sortent de la clandestinité pour demander de pouvoir continuer de travailler légalement. Les emplois qu’ils occupent, parfois depuis plusieurs années, font en effet
partie de secteurs dits « sous tension », où il est reconnu que la main d’œuvre est déficitaire.
Le gouvernement est pris dans ses contradictions : il veut soi-disant « choisir » une immigration de travail mais refuse de prendre en compte les femmes et les hommes qui travaillent
effectivement dans notre pays et les maintient dans la clandestinité. C’est l’ensemble de la politique d’immigration menée actuellement qui se révèle ainsi à la fois injuste et aberrante.
Nous exigeons donc du gouvernement qu’il entame le dialogue avec les représentants des grévistes et qu’il réponde favorablement à leurs revendications légitimes.
Tony Dreyfus, Député du 10ème arrondissement
Rémi Féraud, Maire du 10ème arrondissement
Tous autres les professionnels
Toutes les pharmacies du 10ème
Entre deux - Fast Good - 63 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Atelier Porte-Soleil - 57 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Nad Look - Coiffeur-Coloriste - 55 rue des vinaigriers 75010 Paris
LE BISTROT DES FAUBOURGS - Restaurant - 55 rue des vinaigriers 75010 Paris
Résidence Magenta - Maison de retraite - 54/60 rue des Vinaigriers 75010 Paris
La page blanche - Papeterie et imprimerie - 53 rue des Vinaigriers 75010 Paris
SOFT HÔTEL (ex-Eden Magenta) - Hôtel - 52 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Michelle Sauvalle - Perles de verre et verre soufflé - 51 rue des Vinaigriers 75010 Paris
La paella - Restaurant - 50 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Zigouzis - La boutique des cadeaux de créateurs - 49 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Lady Fitness - Club de gym pour femmes - 47 rue des vinaigriers 75010 Paris
Halley Erik - Plumassier brodeur - 44 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Pharmacie du Canal Saint-Martin - 44 rue des Vinaigriers/38 rue Lucien
Sampaix 75010 Paris
CHEZ FAFA - 44 rue des Vinaigriers 75010
Paris
L'agneau doré - 44 rue des vinaigriers 75010 Paris
Les
deux singes - Restaurant - 42 rue des Vinaigriers 75010 Paris
VALERIE LAFONT ET ANTOINE BONARDOT - Agents Bizzi France- 42 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Cinquièmes cordes - agent et producteur artistique - 42 rue des Vinaigriers 75010
Paris
TRAFFIC - montage image et mixage son - 42 rue des Vinaigriers 75010
Paris
VERONIQUE NORDEY - Formation de l'acteur - 42
rue des Vinaigriers 75010 Paris
Anne Cahen - Décoratrice d'intérieure - 41 rue des Vinaigriers 75010 Paris
LE POD - Restaurant - 39 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Boulangerie Patisserie B TH Martin - Artisan boulanger - 39 rue des vinaigriers 75010 Paris
Arts-Immobilier - Agence immobilière - 39 rue des Vinaigriers 75010 Paris
La compagnie Turbul - Arts de rue - 35 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Poursin - spécialiste de la boucle en laiton - 35 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Zoé D - Création de bijoux et de luminaire - 34 rue des vinaigriers
75010 Paris
LAURENCE MARGOT - Illustratrice - 34 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Franprix - supermarché - 31/33 rue des vinaigriers 75010 Paris
Philippe le libraire - 32 rue des vinaigriers 75010 Paris
Santa Sed - restaurant Chilien - 32 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Marco Polo de Paris - articles de voyage et de maroquinerie - 30 rue des Vinaigriers 75010 Paris
VikArt Studio / Self Color - Laboratoire Photo - 29 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Comme une fleur/La galerie végétale - Fleuriste, galerie - 29 rue des
vinaigriers 75010 Paris
PACIFIC PARQUET - Baignoires, parquets et maisons en bois - 29 rue des vinaigriers 75010 Paris
La piñata - Tout pour faire la fête - 25 rue des Vinaigriers 75010 Paris
Natur'elle & lui - Soins corporels - 25 rue des Vinaigriers 75010 Paris
TOTUM - Produits d'Amérique du Sud - 23 rue des Vinaigriers 75010 Paris
TOBORE - Restaurant africain - 22 rue des Vinaigriers 75010 Paris
LES GARIBALDIENS - Association - 20 rue des Vinaigriers 75010 Paris
RENE PETILLON - BD et illustration de presse - rue des Vinaigriers 75010
Paris