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Lundi 1 octobre 2007

halley-portrait.JPG À partir de 1994, le créateur Erik Halley sorti de l’école Esmod, fait le pari de relancer un matériau qui avait brillé aux mains et au cou des garçonnes des années vingt sous forme d’éventails et de boas.
Les plumes de coqs, de faisans, de hérons, de martins-pêcheurs, d’oiseaux de paradis se métamorphosent en architectures vibrantes de colliers, broches ou bracelets.

Découpée, teintée, crantée, laquée, sérigraphiée, la plume prête sa nature vivante à tous les jeux, se mêle à la chevelure, se confond avec la coiffure dans des constructions surréalistes. Encouragé par ses premiers succès, le créateur s’attaque à des matériaux plus inédits comme les os de chat transformés en broche, le porc-épic traité en tour de cou, ou le crabe qui ceint de ses pinces la tête d’Isabella Blow, véritable réincarnation de Daisy Fellowes arborant les chapeaux fous de Schiaparelli.

Aujourd’hui l’atelier d’Erik Halley emploie quatre personnes qui ont traité les commandes de plus de cinquante défilés dont ceux de Jeremy Scott, Christian Lacroix, Chanel, Thierry Mugler, Alexander Mc Queen, Hussein Chalayan... Son travail a déclenché un phénomène d’engouement qui dépasse largement le monde de l’avant-garde. Partout les rayons d’accessoires des grands magasins s’animent d’objets en plumes.

En 1997 la bourse attribuée par la maison Kenzo dans le cadre de l’ANDAM a permis à Erik Halley d’étudier des accessoires de cheveux et une ligne pour homme. La marque de montre Piaget lui a confié la création de deux modèles. En Janvier 1999, Erik Halley qui compte parmi sa clientèle de stars David Bowie, Iman ou Joan Collins, a rendu hommage à Schiaparelli dans une exposition de chaussures-accessoires et bijoux, “Shoe Realism". Afin de mieux affirmer son appartenance à une généalogie de créateurs excentriques dotés, malgré les apparences, d’un vrai sens du réalisme !



 

halleysacdoudou.JPG Le projet initial présenté à l’ANDAM par Erik Halley en 1997, malgré son esthétisme séduisant, laissait planer un doute quant à sa viabilité technique et commerciale. En effet, le dossier renfermait des "trucs en plumes", prototypes merveilleux de parures de tête ou de bijoux réalisés avec ce matériau très rarement utilisé en mode. Et pour cause, cette matière “volatile” n’est employée couramment que dans l’art éphémère de la scène. Hormis dans les panaches des danseuses légères du Casino de Paris ou sur quelques chapeaux de défilés de haute couture (ceux de Philip Treacy pour Chanel), la plume, jugée trop fragile, ne se voyait guère dans le prêt-à-porter.
erik-halley.jpg halleysac2.JPG halley-reve-bleu-lanvin.JPG

 

 

 

 

 

 


 




 


 

 

Quelques plumes sur le tapis

Un très bel article du magazine en ligne Wow


Plumassier, voilà bien un drôle de métier.
En France, ils sont désormais bien peu à l’exercer. Restent, pour les plus célèbres, la maison Lemarié, qui travaille la plume pour la Haute-Couture et la maison Février, qui en fait des costumes de music-hall. En 1577, les travailleurs de la plume sont pourtant si nombreux qu’ils se regroupent en corporation, l’une des plus anciennes de France. Elevée au troisième rang des Arts et Métiers par arrêté royal, cinq ans plus tard, elle est appelée “corporation des plumassiers-panachers-bouquetiers-enjoliveurs de Paris”.
Au Moyen Âge, les chapeaux se parent de plumes de paon.
Au XIVe siècle, les plumes d’autruche tiennent le haut du pavé.
Au XVIIe, les élégants sont désignés sous le terme de “plumets” et les casques militaires s’ornent de majestueux panaches. Les plumes les plus chères proviennent du héron, sans doute sont-ce celles qui ornent le couvre-chef de Louis XVI, immortalisé en tenue de sacre par le peintre Antoine-Marie Callet.

Jusqu’au XVIIIe siècle, le costume s’est largement paré de plumes mais cet usage était quasi-exclusivement masculin. Avant la Révolution, les plumassiers sont associés aux fleuristes et aux marchandes de modes. Sous l’influence de son “ministre des modes” Rose Bertin, Marie-Antoinette cède à une folie des plumes devenue féminine et orne ses coiffures de “plumasseries”, toutes plus extravagantes les unes que les autres, faisant le régal des caricaturistes.


Cet engouement persiste jusque dans la première moitié du XXe siècle, menaçant certaines espèces de volatiles d’extinction.

La Belle Otéro par Paul Nadar

À la Belle Époque, les chapeaux sont encombrants, surchargés, au point de ressembler à de véritables nids. Ce sont parfois des ailes entières (ou leur reconstitution) et des têtes d’oiseaux empaillées qui ornent les coiffures féminines.

Parure Cartier

Au tournant de la Première Guerre Mondiale, les chapeaux se font moins volumineux et les plumes se portent en aigrette, travaillées telle une matière précieuse, associées à l’or et au diamant. Présente sous forme de houpette, de boa ou de parure de col jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, la plume tombe ensuite quelque peu en désuétude.

Chapeau Philip Treacy

En ce début de XXIe siècle, les plumes ont fait un retour remarqué en décoration, via abat-jour et coussins. Quelques méchantes langues ont jugé tout dernièrement qu’à la Cour d’Angleterre, Camilla semblait s’être écrasé une perdrix sur la tête pour accueillir Carla Bruni-Sarkozy.

Lacroix, P/E 08 - © Guy Marineau

Labellisées Haute-Couture, les plumes n’en continuent pas moins d’orner les tenues de quelques oiseaux de nuit.
Du genre qui évolue sur catwalk et sur tapis rouge.

Frieda



 

Par sylvie - Publié dans : Créateurs - Communauté : imag'in
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